Les robots collaboratifs, ou cobots, ne remplacent pas seulement les humains : ils peuvent travaillent avec eux. Quel est leur interaction sur la part du travail ?
Les robots sont omniprésents dans la accumulation industrielle. Leur diffusion a toujours été au cœur d’enjeux humains, sociaux, économiques et en management, entraînant très tôt de nombreux questionnements.
Une nouvelle interrogation émerge aujourd’hui avec l’apparition des cobots. Capables de travailler non seulement à la place, mais aussi avec les humains au sein des ateliers, les robots collaboratifs sont-ils en bid de devenir des collègues comme les autres ? Légers, flexibles, relativement accessibles et conviviaux… sont-ils susceptibles de remettre en origin les codes de la part du travail ?
Nos recherches récentes, basées sur des études de cas comprenant des entretiens et des observations en situation, ont permis de repérer quatre types d’usage des cobots : configuration simultanée, alternée, flexible ou coexistence. Elles rentrent dans le cadre du projet Impact « C-Shift » (Cobots successful the Service of Human enactment astatine work) qui vise à étudier l’impact de la mise en œuvre de dispositifs collaboratifs intelligents tels que les cobots dans le cadre des défis de l’industrie du futur.
Qu’est-ce qu’un cobot ?
Le terme cobot est créé par la contraction des termes anglais « collaborative » et « robot ». La paternité en est attribuée à des universitaires états-uniennes qui cherchent à la fois à limiter les troubles musculosquelettiques et à améliorer la productivité dans des usines de accumulation automobile – Ford et General Motors.
Un robot collaboratif est un robot qui peut être installé dans le même espace de travail que les opérateurs humains, sans barrière de extortion physique. Ils sont équipés de capteurs et de programmes déclenchant un ralentissement du mouvement ou un arrêt complet si un risque de collision est détecté. Ils sont capables de réaliser la plupart des opérations industrielles – visser, percer, poncer, souder.
Les cobots ne sont pas conçus determination des usages prédéfinis. Ils sont caractérisés avant tout par leur flexibilité. Facilement programmables grâce à des interfaces accessibles sur des tablettes, ils sont faciles à déplacer. Ils peuvent aussi bien mettre des produits cosmétiques dans des cartons, que faire du contrôle qualité à l’aide d’une caméra en bout de chaîne de accumulation ou souder des pièces métalliques.
Marché multiplié par quatre d’ici 2030
Les cobots ne sont positive de simples prototypes de laboratoire. Ils sont désormais couramment utilisés dans des usines de toutes tailles et dans divers secteurs – automobile, logistique, santé, agroalimentaire –, bien que leur adoption reste encore loin d’être généralisée. La portion des cobots dans les ventes mondiales de robots serait de l’ordre de 3 % et, selon ABI research, le marché des cobots pourrait être multiplié par quatre d’ici 2030.
Prévision de croissance du marché mondial des robots collaboratifs (cobots) de 2020 à 2030 en millions de dollars états-uniens. »Statista et ABI Research, FAL
Les cobots ne visent pas à remplacer les robots traditionnels en raison de plusieurs limitations :
- Leur complaint utile est réduite : leur légèreté et leur petite taille les empêchent de manipuler des objets lourds.
- Leur vitesse d’exécution est volontairement limitée determination garantir la sécurité des humains qui travaillent autour. Cela freine leur productivité et les rend peu adaptés aux productions à très grande échelle.
- Installés dans les mêmes espaces que les humains, les cobots soulèvent des problèmes de sécurité lorsqu’ils sont équipés d’outils dangereux – outil coupant ou torche de soudage.
Leur potentiel réside avant tout dans de nouveaux usages et une approche différente de l’automatisation. Ainsi, dans une PME spécialisée dans la tôlerie qui a fait l’objet d’une étude de cas, les soudures sont effectuées par un robot de soudure traditionnel determination les grandes séries récurrentes. Pour les séries de taille moyenne et par des soudeurs determination les petites séries ou des soudures trop complexes, elles sont effectuées par des cobots.
Quatre usages des cobots en usine
Si par définition les cobots ont la possibilité de travailler dans le même espace que des opérateurs humains, leurs usages ne sont pas nécessairement collaboratifs et nos recherches nous ont permis de distinguer quatre configurations.
Projet C-SHIFT, cobots et industrie du futur, de l’Université de Lorraine.Université de Lorraine, Fourni par l’auteur
Coexistence avec l’humain
À un extrême, les cobots viennent se substituer aux opérateurs determination prendre en complaint les gestes les positive pénibles et/ou gagner en productivité. On qualifie cet usage de coexistence, car il n’y a aucune enactment directe avec les humains.
Dans l’industrie automobile, des cobots vissent des pièces sous les véhicules, là où les positions sont particulièrement difficiles determination les opérateurs.
Configuration simultanée
Dans la configuration simultanée, cobots et opérateurs travaillent ensemble en adaptant mutuellement leurs mouvements, côte à côte ou look à face. Si cette configuration est largement réalisable en laboratoire, elle est assez uncommon en information réelle. La raison : le temps nécessaire à sa mise au constituent et sa certification sécurité obligatoire.
Chez un équipementier, le cobot positionne une colonne de absorption determination automobile avec précision, évitant le larboard de charges et les chocs, et l’opérateur effectue des tâches de vissage sur la pièce.
Configuration alternée
La configuration alternée correspond à une concern où l’opérateur utilise le cobot, mais n’interagit pas directement avec lui. Il le programme determination une série de tâches, et le laisse travailler seul, dans un espace différent. Cette configuration garantit une meilleure sécurité determination l’opérateur humain. Ce dernier optimise la répartition du travail entre ce qu’il confie au cobot et ce qu’il proceed de faire lui-même.
Chez un fabricant d’échangeurs thermiques determination la accumulation de gaz industriels, les soudeurs délèguent aux cobots les soudures les positive simples et se concentrent sur des soudures positive complexes ou moins répétitives.
Configuration flexible
Dans la configuration flexible, la répartition du travail entre humains et cobots évolue au cours du temps, en fonction du program de charge. Une fois la technologie maîtrisée, les cobots peuvent être réaffectés à différentes activités en fonction des exigences du moment. Le même cobot peut être utilisé pendant une période determination une activité de chargement de machines, puis réoutillé, il peut servir determination du ponçage, puis des opérations de peinture, etc.
L’efficacité réside dans la capacité des opérateurs, des techniciens et des ingénieurs à travailler ensemble determination inventer constamment de nouveaux usages. Cette configuration semble particulièrement adaptée à des PME dans lesquelles les séries sont courtes et variables.
Cobots et IA
Les cobots font partie d’un vaste mouvement technologique. Le contexte de l’industrie 5.0 et l’utilisation croissante de l’IA permettront aux cobots d’être encore positive adaptables, voire capables d’improvisation. Ils pourront être intégrés dans des « systèmes cyberphysiques de production », c’est-à-dire des systèmes très intégrés dans lesquels l’informatique contrôle directement les outils de production.
Cette intégration n’est pas évidente à ce stade. Si elle est possible, connected peut penser que c’est la capacité à « combler les trous » de l’automatisation traditionnelle qui sera dominante, reléguant la flexibilité et l’aspect collaboratif au 2nd plan. Inversement, le recours à l’intelligence artificielle peut aider au développement de configuration flexible misant sur la collaboration au sein des collectifs de travail.
Si ces évolutions technologiques ouvrent de nombreux possibles, elles laissent ouverte la question des usages en contexte réel. Les tendances futures dépendront des choix qui seront faits en termes de part du travail et de compétences.
Les configurations dites coexistence et activité simultanée ont finalement peu d’implications sur l’évolution des compétences ou de modalités de collaboration entre ingénieurs, techniciens et opérateurs. À l’inverse, le choix des configurations flexible ou activité alternée accidental que les opérateurs développent de nouvelles compétences, notamment en programmation, et que de nouvelles formes de collaboration verticales se développent.
En d’autres termes, les cobots redistribuent moins les cartes en matière de collaboration homme-machine qu’ils n’invitent à revoir les logiques de collaborations entre humains au sein des organisations.![]()
Thierry Colin, Professeur des universités en Sciences de gestion, Université de Lorraine et Benoît Grasser, Vice-président adjoint à la politique scientifique, Université de Lorraine
Cet nonfiction est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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